(provisoire, juste pour Arnaud! (L') )

(provisoire, juste pour Arnaud! (L') )
Introduction:


Aiguille, petite aiguille, je te vois briller à mes côtés. Briller de cette couleur grise-argentée. Aiguille, petite aiguille, tu es si belle, si sensuelle, si accessible! Laisse moi t'attraper.
Pourquoi ai-je envie de t'utiliser? C'est mal. Je le sais, sans doute, mais... aiguille, petite aiguille, tu as l'air si innofensive! Encore une impression bien stérile.
Aiguille, petite aiguille il faut que je t'utilise, je le veux de tout mon être! Ne me force pas à le répéter: il faut que je t'utilise.
Et je tend ma main vers toi. Et je déplie un à un mes petits doigts. Et je te frôle, te touche, t'attrape: comme dans un jeu. Comme si j'étais le chat. Comme si tu étais la souris.
Te serrer au creux de ma paume, pour finalement te ramener à moi, est un geste trop automatique, trop violent, trop indescent, pour cacher ma dépendance. Aiguille, petite aiguille, tu es désormais contre moi.
Je t'avais pourtant si bien cachée. L'amour que je te porte me sera un jour fatal. Aiguille, petite aiguille, je t'aime, je t'adule. Tu m'es si chère et pourtant, tu me coûte si chère! Mais grâce à toi, je peux vivre un peu mieux dans cet endroit immonde qu'est ce bas-monde. Aiguille, petite aiguille, je te prend vite pour aller mieux, j'ai trop besoin de toi...
Je viens de penser à un petit jeu bien amusant: si tu me transperçais avant que je ne bloque mon sang? Regard furtif dans la glace: mon maquillage trace mes larmes, qui se créent bien malgré moi. Quelle puérilité!
Aiguille, petite aiguille, commençons: un... deux... trois! Aïe! Tu piques en tremblant, aurais-je donc peur? JAMAIS! Je te vide et, alors que je ne te ressort qu'à peine, un étourdissement m'envahit. La brume dehors est de sortie. Tout perd ses teintes. Tout devient gris, sombre, puis noir. Je pars les yeux grands ouverts au pays imaginaire. Aiguille, petite aiguille, tu m'échappes des mains... Je m'en vais et j'espère ne plus revenir. Merci petite aiguille! Merci pour cette piqûre... de bonheur!




I. "Au commencement, je créer une antipathie entre le lecteur et moi-même.."




Bienvenue dans mes pensées, je vous y attendais. Ou pas. Accueil chaleureux? Pour quoi faire? Prise de tête! Deux questions en si peu de mots, dans quoi êtes-vous tombé? Encore, m'en voilà désolée, quoique. Avant toute chose il faut savoir que cet écrit ne relate pas forcément des faits réels. Tout n'est pas faux. C'est plus une réflexion sur moi-même bien que cela n'en ait pas l'air. Chaque chapitre est une énigme pour moi. Pour vous? Pour vous. J'ai décidé d'introduire mon avant-propos dans mon premier chapitre car les gens lisent ce dernier mais jamais ce premier. Un sens est mit en éveil dans chaque chapitre. Ou plusieurs.
Si vous vous demandez pourquoi j'ai envie de faire publier cet écrit qui a l'air, finalement, personnel et bien imaginez mes raisons. Voilà, exactement: cette question est stupide!
M'étudier est inutile. Me lire? Pas plus. Quoique je pense intéressant pédagogiquement parlant. Lire les pensées d'une enfant c'est toujours bien pour l'avancée de la psychanalyse! La curiosité est un vilain défaut.
En parlant d'avancée, l'antipathie avance, elle aussi, à chaque mot que vous lisez. Non que je l'espère mais je le désir ardemment. Car lire en ayant un apriori négatif sur l'auteur est toujours plus stimulant. Pour l'auteur aussi. En effet, car si vous aimez c'est que l'écrit est réussi. D'autant plus réussi que vous n'aimez pas ce dernier pour l'auteur. Si vous n'aimez pas? L'on pourra vous reprocher d'avoir un apriori qui a tout gâché. Vous êtes donc dorénavant comme emprisonné, me donnant le prestige d'être une bonne écrivaine...
Maintenant que vous commencez à croire me connaître, faites un choix: reposer ce livre pour ne le rouvrir que plus tard ou le continuer pour comprendre que vous ne me connaissez pas encore...

# Posté le mardi 13 octobre 2009 15:05

Carpe Diem.

Carpe Diem.
XXXVIII

Il est une heure et quart.
Voici ce que j'éprouve maintenant :
Une violente douleur de tête. Les reins froids, le front brûlant. Chaque fois que je me lève ou que je me penche, il me semble qu'il y a un liquide qui flotte dans mon cerveau, et qui fait battre ma cervelle contre les parois du crâne.
J'ai des tressaillements convulsifs, et de temps en temps la plume tombe de mes mains comme par une secousse galvanique.
Les yeux me cuisent comme si j'étais dans la fumée.
J'ai mal dans les coudes.

Encore deux heures et quarante-cinq minutes, et je serai guéri.




XXXIX

Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
Eh ! qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ?
Apparemment ce n'est pas là souffrir.

Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'épuise goutte à goutte, ou que l'intelligence s'éteigne pensée à pensée ?
Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas de mal !

Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne.
Est-ce Robespierre ? Est-ce Louis XVI ?...

Non, rien ! moins qu'une minute, moins qu'une seconde, et la chose est faite. – Se sont-ils jamais mis, seulement en pensée, à la place de celui qui est là, au moment où le lourd tranchant qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres... Mais quoi ! une demi-seconde ! la douleur est escamotée...

Horreur !


Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 16:33

Modifié le mardi 13 janvier 2009 13:11

"Close your eyes/listen to my voice it's my disguise/I'm by your side"

"Close your eyes/listen to my voice it's my disguise/I'm by your side"
..J'étais donc le nez sur ma chaîne, quand j'entends des bourgeois qui disaient : Voilà la gitanilla ! Je levai les yeux, et je la vis. C'était un vendredi, et je ne l'oublierai jamais. Je vis cette Carmen que vous connaissez, chez qui je vous ai rencontré il y a quelques mois.

...............Elle avait un jupon rouge fort court qui laissait voir des bas de soie blancs avec plus d'un trou, et des souliers mignons de maroquin rouge attachés avec des rubans couleur de feu. Elle écartait sa mantille afin de montrer ses épaules et un gros bouquet de cassie qui sortait de sa chemise. Elle avait encore une fleur de cassie dans le coin de la bouche, et elle s'avançait en se balançant sur ses hanches comme une pouliche du haras de Cordoue. Dans mon pays, une femme en ce costume aurait obligé le monde à se signer. À Séville, chacun lui adressait quelque compliment gaillard sur sa tournure ; elle répondait à chacun, faisant les yeux en coulisse, le poing sur la hanche, effrontée comme une vraie bohémienne qu'elle était.


Carmen, Prosper Mérimée

# Posté le vendredi 23 janvier 2009 08:10

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 08:25

C'était tellement beau que j'en ai fermé les yeux...

C'était tellement beau que j'en ai fermé les yeux...
................Un soir, à Meyrigac, je m'accoudai, comme tant d'autres soirs, à ma fenêtre; une chaude odeur d'étable montait vers les glacis du ciel; ma prière prit faiblement son essor, puis retomba. J'avais passé ma journée à manger des pommes interdites et à lire, dans un Balzac prohibé, l'étrange idylle d'un homme et d'une panthère; avant de m'endormir, j'allais me raconter de drôles d'histoires, qui me mettraient dans de drôles d'états. " Ce sont des péchés", me dis-je. Impossible de tricher plus longtemps; la désobéissance soutenue et systématique, le mensonge, les rêveries impures n'étaient pas des conduites innocentes. Je plongeai mes mains dans la fraîcheur des lauriers-cerises, j'écoutai le glouglou de l'eau, et je compris que rien ne me ferait renoncer aux joies terrestres. " Je ne crois plus en Dieu", me dis-je, sans grand étonnement. C'état une évidence: si j'avais cru en lui, je n'aurais pas consenti de gaieté de coeur de l'offenser. J'avais toujours pensé qu'au prix de l'éternité ce monde comptait pour rien; il comptait, puisque je l'aimais, et c'était Dieu soudain qui ne faisait pas le poid: il fallait que son nom recouvrît plus qu'un mirage. Depuis longtemps l'idée que je me faisais de lui s'était épurée, sublimée au point qu'il avait perdu tout visage, tout lien concret avec la terre et de fil en aiguille l'être même. Sa perfection excluait sa réalité. C'est pourquoi j'éprouvai si peu de surprise quand je constatai son absence dans mon coeur et au ciel. Je ne le niai pas afin de me débarasser d'un gêneur: au contraire, je m'aperçus qu'il n'intervenait plus dans ma vie et j'en conclus qu'il avait cessé d'exister pour moi.


Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

# Posté le lundi 22 octobre 2007 14:49

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 07:57

Juste pour un rock avec vous.

Juste pour un rock avec vous.
...........Il s'apprêtait déjà à tourner le dos à cet ennuyeux spectacle pour rentrer en suivant la galerie du Louvre, lorsque le vent lui apporta quelque chose : quelque chose de minuscule, d'à peine perceptible, une miette infime, un atome d'odeur et même moins encore, plutôt le pressentiment d'un parfum qu'un parfum réel, et pourtant en même temps le pressentiment infaillible de quelque chose qu'il n'avait jamais senti. Il se recula contre le mur, ferma les yeux et dilata ses narines. Le parfum était d'une délicatesse et d'une subtilité tellement exquises qu'il ne pouvait le saisir durablement, sans cesse le parfum se dérobait à sa perception, était recouvert par les vapeurs de poudre des pétards, bloqué par les transpirations de cette masse humaine, mis en miettes et réduit à rien par les mille autres odeurs de la ville. Mais soudain il était de nouveau là, ce n'était qu'une bribe ténue, sensible durant une brève seconde tout au plus, magnifique avant-goût... qui aussitôt disparaissait à nouveau. Grenouille était à la torture. Pour la première fois, ce n'était pas seulement l'avidité de son caractère qui était blessée, c'était effectivement son c½ur qui souffrait. Il avait l'étrange prescience que ce parfum était la clé de l'ordre régissant tous les autres parfums et qu'on ne comprenait rien aux parfums si l'on ne comprenait pas celui-là ; et lui, Grenouille, allait gâcher sa vie s'il ne parvenait pas à le posséder. Il fallait qu'il l'ait, non pour le simple plaisir de posséder, mais pour assurer la tranquillité de son c½ur.
Il se trouva presque mal à force d'excitation. Il n'arrivait même pas à savoir de quelle direction venait ce parfum. Parfois il y avait des minutes d'intervalle jusqu'à ce que le vent lui en apportât de nouveau une bribe, et à chaque fois il était pris d'une angoisse atroce à l'idée qu'il l'avait perdu à jamais. Pour finir, il se consola en se persuadant désespérément que le parfum venait de l'autre rive du fleuve, de quelque part vers le sud-est.

Patrick Süskind, Le Parfum

# Posté le jeudi 12 mars 2009 12:55

"So-Demanding-Nature"

"So-Demanding-Nature"

# Posté le samedi 01 septembre 2007 11:52

Modifié le mardi 20 mai 2008 10:59